Jean Jacques François LE BARBIER (Rouen,…

Lot 351
100 000 - 150 000 €
Résultat: 340 000 €

Jean Jacques François LE BARBIER (Rouen,…

Jean Jacques François LE BARBIER (Rouen, 1738 - Paris, 1826) Pénélope et Ulysse sortant de Sparte pour retourner à Ithaque ou La Pudeur. Toile. 129 x 169 cmSigné et daté en bas à gauche: Le Barbier Laîné / 1789. Au revers, sur le châssis: 26. Restaurations anciennes. Sans cadre. Provenance: Salon de 1789 n° 98 gravé par Avril (appartient à Monsieur Avril). Acquis à Houdan en juin 1963 par le propriétaire actuel. Bibliographie: Michel Jacq-Hergoualc'h, "Autour d'une esquisse d'un tableau disparu de Jean-Jacques-François Le Barbier l'Aîné (1738 - 1826), Ulysse sortant de Sparte avec Pénélope pour retourner à Ithaque ou La Pudeur" in Les Cahiers d'Histoire de l'Art, n°7, 2009, pp.39-47. Notre tableau, exposé au Salon de 1789 sous le numéro 98, mais dont la trace avait été perdue, n'était connu jusqu'à aujourd'hui que par son esquisse (toile, 50 x 61 cm, coll. part.) et par la gravure qu'en fit Jean-Jacques Avril en 1791. Il figure également, accroché en cimaise sur le côté gauche, dans un dessin de Charles de Wailly, Salon du Museum, (33,2 x 37,4 cm, Paris, musée Carnavalet, inv. D.5186) où sont représentés les tableaux exposés en 1789. Tiré du Voyage en Laconie (III; 20) de Pausanias, cet épisode de la vie d'Ulysse rapporte comment, après le mariage de ce dernier avec Pénélope, ils voulurent s'installer à Ithaque. Le père de Pénélope, Icarius, désireux de garder à Sparte sa fille et son gendre, les suppliait de ne pas partir. Ulysse, agacé, demanda alors à Pénélope de choisir entre lui-même et son père. Celle-ci, rougissante, pour toute réponse, se cacha la figure derrière son voile. Icarius comprit la volonté de sa fille, et touché de son embarras, fit élever à l'endroit même de la scène une statue dédiée à la Pudeur. Ce sujet édifiant s'inscrit parfaitement dans le genre de la peinture d'histoire, amatrice de sujets moraux, surtout à l'approche de la Révolution. La volonté d’un renouveau moral, empreint des idéaux de liberté, d’égalité, de fraternité, qui s’empara de la société à la fin du XVIIIème siècle, se traduisit également dans les arts. L’Antiquité grecque et romaine fournissait de nombreux exemples de cette virtus si chère aux hommes des Lumières. Notre tableau, dont la scène se déroule à Sparte, cette cité grecque image même des vertus morales et du courage, fait tout particulièrement écho au célèbre précepte de Diderot « Peindre comme on parlait à Sparte ». Le Barbier intègre ces changements dans son œuvre et se réapproprie les sujets antiques en privilégiant les exemples moraux, traités d’une manière sérieuse, aux dépens des scènes mythologiques galantes et charmantes. Notre composition s’inscrit dans un ensemble de six toiles ou dessins de Le Barbier, gravé par Jean-Jacques Avril et qui fut réédité en 1847, qui devait compléter « une collection de douze estampes, dont les sujets, choisis dans les faits mémorables et les vertus des grands hommes, pussent se rapporter à l’éducation publique. » (Journal de Paris, octobre 1791, supplément n°110). Ces gravures popularisèrent l’œuvre de Le Barbier et malgré la critique mitigée du Salon, notre tableau connut un certain succès. On en retrouve d’ailleurs la composition dans la production d'une manufacture de toile de Nantes, qui fit alterner, en modifiant quelque peu les compositions afin de les relier plus facilement, Pénélope et Ulysse et Le combat des Horaces et des Curiaces. "M. le Barbier a rendu ce sujet avec la correction de dessin, le style pur, et le pinceau flatteur qui caractérisent ses productions" (in L'Année littéraire, Année 1789, tome V, Paris, Mérigot, 1789, p.221). "Ce Tableau ne rend pas bien l'intention de l'Auteur. Le sujet est froid, & l'exécution répond à la nature du sujet. Les Dessins de cet Artiste sont, en général, estimables." (in Mercure de France, samedi 3 octobre 1789, p.86)
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